La Bibliothèque sonore de l'Âme du monde
et de la Culture générale
"Mémoire vivante et Imagination active"
Février 2026-janvier 2027 proposé par Mohammed Taleb
Ce cycle de culture générale comprend 36 cours enregistrés, d’une durée moyenne de 90 minutes.
Plusieurs formules donnent accès aux cours audio, à écouter librement après inscription.
Il est possible de choisir ses cours, quelle que soit la période.
Les cours audio sont envoyés après inscription via un lien privé. Ils peuvent être téléchargés et restent accessibles dans le temps.
Chaque inscription comprend des :
• bibliographies
• notes de lecture
• articles complémentaires
• abonnement gracieux à la revue Cap vers le Bien commun
Février 2026
1. La notion de Viriditas dans la pensée cosmologique, médicale et spirituelle de Hildegarde de Bingen
Au XIIᵉ siècle, Hildegarde de Bingen élabore une pensée où la Viriditas, force de verdeur et principe de vitalité, exprime la puissance génératrice qui anime le cosmos, les êtres vivants et l'âme humaine. Cette notion traverse sa cosmologie, sa médecine et sa spiritualité. Elle désigne une énergie de croissance, de fécondité et de régénération, dont la manifestation engage aussi bien le corps que la vie intérieure. Le cours examine les fondements de cette conception organique du vivant et son actualité pour une écologie attentive aux dimensions spirituelles de la Nature et aux héritages des civilisations.
2. Les nouveaux paradigmes scientifiques et la remise en cause des dualisme nature/culture et esprit/matière
La physique contemporaine, les sciences de la complexité, la systémique et les approches écologiques transforment profondément notre compréhension du réel. Ces nouveaux paradigmes interrogent les dualismes hérités de la modernité : nature et culture, matière et esprit, sujet et objet. Les travaux de David Bohm, Fritjof Capra, Basarab Nicolescu ou Ilya Prigogine permettent d'examiner ces mutations intellectuelles. Le cours étudie leurs conséquences philosophiques et anthropologiques, ainsi que leurs rapprochements avec certaines cosmologies traditionnelles. Il s'agit de comprendre comment une pensée de l'interdépendance et de l'organicité renouvelle notre conception de la connaissance et du vivant.
3. L’Arbre cosmique, symbole de l’Âme et de l’Axe du monde
Présent dans les mythologies, les traditions spirituelles et les arts de nombreuses civilisations, l'Arbre cosmique représente une structure fondamentale de l'imaginaire humain. Ses racines, son tronc et sa ramure figurent les différents plans de la réalité, tandis que sa verticalité exprime l'Axe du monde et les relations entre Terre, Ciel et profondeur souterraine. La psychologie des profondeurs permet également d'y reconnaître une image de l'Âme et du processus d'individuation. Le cours étudie les expressions de ce symbole dans plusieurs traditions, ses dimensions cosmologiques et initiatiques, ainsi que sa portée écologique comme représentation de l'organicité du vivant.
Mars 2026
4. Les origines antiques de l’écophilosophie des Quatre éléments
Terre, eau, air et feu constituent, dans la pensée grecque antique, les principes fondamentaux d'une compréhension qualitative de la Nature et du cosmos. D'Empédocle à Platon et Aristote, les Quatre éléments structurent une cosmologie où transformations, polarités et équilibres rendent intelligible l'organisation du vivant. Cette sagesse des Anciens trouve également des prolongements dans la médecine, l'alchimie et les traditions philosophiques ultérieures. Le cours restitue les fondements de cette pensée élémentaire et examine sa portée écophilosophique : comprendre les qualités de la matière, les relations entre les êtres et leur appartenance à une même totalité organique.
5. Le marxisme hétérodoxe et l’animisme de Rosa Luxemburg : accumulation du capital, destruction écologique impérialiste et botanique de Goethe.
La pensée de Rosa Luxemburg associe critique de l'accumulation capitaliste, analyse de l'impérialisme et attention profonde aux manifestations du vivant. Sa correspondance révèle une sensibilité naturaliste et une connaissance attentive des plantes, des animaux et des paysages. Le cours examine cette dimension méconnue de son œuvre, en la rapprochant de la botanique de Goethe et de sa conception morphologique de la Nature. L'animisme de Luxemburg éclaire ainsi une critique du capitalisme comme système de destruction des communautés humaines et naturelles. Cette perspective nourrit une lecture écologiste, internationaliste et émancipatrice du marxisme hétérodoxe.
6. La psychologie archétypale de James Hillman
Psychologue et penseur étasunien, James Hillman renouvelle la psychologie jungienne en accordant une place fondamentale aux images, aux mythes et à l'imagination. Sa psychologie archétypale considère l'âme comme une réalité plurielle, peuplée de puissances symboliques qui s'expriment dans les rêves, les récits, les arts et les manifestations du monde vivant. Cette approche critique les conceptions réductrices du psychisme et restitue aux images leur autonomie et leur profondeur. Le cours présente les principaux concepts de Hillman, ses rapports avec Jung et ses prolongements écologiques, notamment sa conception d'une âme présente dans le monde et la Nature
Avril 2026
7. Présence des Quatre éléments dans la pensée contemporaine, du Romantisme à l’Ecoformation, en passant par l’imagination matérielle de Gaston Bachelard
De la Naturphilosophie romantique à Gaston Bachelard, les Quatre éléments conservent une place essentielle dans la compréhension de la Nature et de l'imagination humaine. Terre, eau, air et feu deviennent chez Bachelard des matières premières de la rêverie, des images et de la création poétique. Cette imagination matérielle révèle les correspondances entre psyché et monde sensible. Le cours examine la transmission de cette pensée jusqu'à l'écoformation de Gaston Pineau, qui associe formation humaine, expérience des éléments et relation au milieu de vie. Une approche où connaissance, sensibilité et écologie participent d'une même compréhension du vivant.
8. Le Jardin, comme Image archétypale du Cosmos animé, et lieu d’éveil et de rébellion
Présent dans les mythologies, les traditions spirituelles et les cultures populaires, le Jardin constitue une représentation symbolique du Cosmos animé. Il exprime une conception organique du monde, où les règnes végétal, animal et humain participent d'un même ordre vivant. Ses dimensions paradisiaque, initiatique et thérapeutique accompagnent également une histoire de résistances et de réappropriations. Le cours examine les significations du Jardin dans différentes civilisations, ainsi que sa portée politique : cultiver, préserver et transmettre deviennent des actes de liberté face aux logiques de domination, d'exploitation et de destruction du vivant.
9. Pourquoi faut-il en finir avec le développement personnel ?
Devenu un secteur culturel et économique considérable, le développement personnel propose une conception individualiste de l'accomplissement humain. La quête de sens se trouve souvent ramenée à l'adaptation de soi, à la réussite individuelle et à l'optimisation des capacités personnelles. Cette idéologie occulte les déterminations sociales, les rapports de domination et les conditions collectives de l'émancipation. Le cours confronte cette culture à la psychologie des profondeurs, à l'écopsychologie sociale de la libération et aux traditions philosophiques de l'accomplissement intérieur. Il défend une conception de la transformation humaine associant subjectivité, solidarité et responsabilité envers le vivant.
Vitrail de la chapelle du collège Saint Malachy, à Belfast, en Irlande.
Mai 2026
10. Et si les années 60' étaient devant nous ? Actualité de la Contre-culture…
Les années 1960 constituent un moment majeur de contestation de l'ordre social, économique et culturel. Contre-culture, mouvements anticoloniaux, luttes ouvrières, féminismes, écologie politique et expérimentations communautaires expriment alors une aspiration profonde à transformer les institutions et les modes de vie. Cette séance examine les héritages de cette effervescence, ses contradictions et ses espérances inachevées. Elle interroge leur actualité face à la marchandisation de l'existence, à la crise écologique et à l'appauvrissement de l'imaginaire collectif. Les années soixante apparaissent ainsi comme une réserve d'expériences et de possibilités pour les combats contemporains.
11. L’éthique chevaleresque des Béguines médiévales, un héroïsme au féminin
Les Béguines du Moyen Âge inventent des formes originales d'existence spirituelle, intellectuelle et sociale. À l'écart des cadres institutionnels traditionnels, elles associent contemplation, engagement, liberté de pensée et solidarité. Leur expérience témoigne d'une spiritualité exigeante où l'amour, la connaissance et le courage deviennent des principes d'action. Le cours présente plusieurs de ces femmes, leur héritage mystique et leurs rapports avec les traditions chevaleresques. Il examine la possibilité d'un héroïsme au féminin, fondé sur l'indépendance intérieure, la quête métaphysique et le service du bien commun, dans une histoire où leur liberté rencontre de fortes résistances.
12. Pourquoi faut-il dépasser Chronos, le « Temps linéaire » et l'idéologie du Progrès continu ?
La modernité impose une représentation du temps linéaire, quantifié et orienté vers l'accumulation. Cette conception accompagne l'idéologie du Progrès continu et les rythmes productivistes du capitalisme. D'autres civilisations et traditions donnent pourtant accès à une biodiversité temporelle : temps cycliques, saisons, âges de la vie, rythmes des métiers, langues, cultures et écosystèmes. Le cours examine ces temporalités plurielles et leur portée philosophique, écologique et spirituelle. Il présente également la Présence et la notion de temps sphérique comme ressources pour retrouver une relation plus organique à l'existence, à la mémoire et au vivant.
Juin 2026
13. Et si le « Qui suis-je ? » conditionnait le « Que faire ? » ?
Toute action engage une certaine conception de soi, de l'être humain et du monde. La question « Qui suis-je ? » possède ainsi une portée éthique et politique : elle conditionne les finalités que nous assignons à nos engagements. Le cours examine les rapports entre subjectivité, conscience et action à partir de la philosophie, de la psychologie des profondeurs et des pensées de l'émancipation. Il interroge la formation du sujet, ses déterminations historiques et sociales, ainsi que sa capacité de transformation. L'identité devient alors une question vivante, liée à la liberté, à la responsabilité et au devenir collectif.
14. Aperçu sur la Gestalt-Thérapie : Conscience, Ici et Maintenant, Contact, Organisme, avec Paul Goodman
La Gestalt-Thérapie développe une conception de l'être humain attentive à la conscience, au présent, au contact et aux relations entre organisme et environnement. Avec Paul Goodman, l'approche thérapeutique acquiert également une dimension politique et sociale : la souffrance psychique s'inscrit dans des conditions de vie, des institutions et des rapports sociaux. Le cours présente les concepts fondamentaux de cette pensée, ses origines et sa critique des formes d'adaptation imposées par la société. Il examine ses rapprochements avec l'écopsychologie et les conceptions organiques de l'existence, où la santé engage aussi la qualité de notre relation au milieu.
15. Le compagnonnage, entre Orient et Occident, une école des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être
Le compagnonnage constitue une tradition de transmission où l'apprentissage d'un métier engage la formation de toute la personne. Les savoirs techniques, la maîtrise du geste, l'expérience du matériau et la connaissance symbolique s'y associent à une éthique de l'effort et de la solidarité. Le cours examine les expressions du compagnonnage en Orient et en Occident, ses héritages artisanaux et ses dimensions initiatiques. Il s'intéresse notamment à la place de la main, de l'atelier, du voyage et de la communauté d'apprentissage. Cette tradition révèle une conception de la culture où intelligence, métier et formation intérieure demeurent indissociables.
Juillet 2026
16. Carl Gustav Jung, « inventeur » d'une psychologie avec âme
Qui est Carl Gustav Jung, et pourquoi son œuvre, malgré ses limites, demeure-t-elle féconde pour comprendre la vie intérieure ? Ce cours retrace son itinéraire intellectuel, de sa rupture avec Freud à l’élaboration d’une psychologie des profondeurs accordant une place centrale aux symboles, aux rêves et aux mythes. L’étude s’attache également aux sources de sa pensée : alchimie, romantisme allemand, mystique chrétienne et grandes traditions spirituelles. Elle montre ainsi comment Jung conçoit une psychologie où l’âme retrouve sa dignité et devient un véritable principe de connaissance. Son parcours permet de situer ses intuitions dans leur contexte historique et intellectuel précis.
17. La psychologie des profondeurs, les cultures du monde et les puissances de l'imaginaire
Après Carl Gustav Jung, la psychologie des profondeurs se développe notamment grâce à Marie-Louise von Franz et Barbara Hannah, deux de ses plus proches collaboratrices. Leurs travaux accordent une place essentielle aux contes, aux légendes, aux traditions populaires et aux récits initiatiques, expressions de la psyché humaine au-delà des frontières culturelles. L’étude des images archétypales met en lumière les correspondances entre les civilisations et la diversité des formes symboliques associées aux grandes expériences humaines. Cette approche permet de comprendre l’imagination créatrice comme une force de transformation intérieure et culturelle. Les récits deviennent ainsi des voies d’accès à l’expérience symbolique partagée.
18. Psychologie des profondeurs, nouveaux paradigmes scientifiques et Âme du monde
Les prolongements contemporains de la pensée jungienne se précisent dans son dialogue avec les sciences, l’écologie et les grandes interrogations philosophiques. James Hillman approfondit une conception de l’âme présente dans le monde vivant ; Michel Cazenave éclaire les liens entre psychologie, physique contemporaine, spiritualité et imaginaire. Le cours examine également les rapprochements entre psychologie des profondeurs, écopsychologie et nouveaux paradigmes scientifiques, notamment à travers la relation de Jung avec Wolfgang Pauli, cofondateur de la mécanique quantique. Ce parcours associe quête de sens, respect du vivant et exploration de la conscience. Les échanges entre disciplines renouvellent ainsi notre compréhension du psychisme.
Page d'un manuscrit arabe médiéval consacré à la médecine.
Août 2026
19. Le Feu accusé
Le Feu est-il réellement l’ennemi des forêts, des cultures et des sociétés humaines ? Cette séance examine les incendies à partir de leurs déterminations écologiques, climatiques, économiques et sociales. Elle interroge les modes d’aménagement des territoires, les transformations des paysages, les pratiques agricoles et forestières ainsi que les effets de l’industrialisation. Les savoirs vernaculaires et les pratiques traditionnelles de gestion du feu permettent de considérer autrement les relations entre les sociétés humaines et les milieux vivants. Le Feu devient ainsi un révélateur des déséquilibres de notre civilisation et des limites d’une conception mécaniste et instrumentale de la Nature.
20. La dignité du Feu
Dans les grandes traditions philosophiques, cosmologiques et spirituelles, le Feu possède une dignité qui dépasse largement ses usages matériels. Principe de vie, puissance de transformation, lumière de connaissance et symbole de régénération, il occupe une place essentielle dans les représentations de l’ordre cosmique. D'Héraclite aux traditions alchimiques, des cosmologies antiques aux spiritualités orientales, cette séance étudie ses significations métaphysiques, symboliques et poétiques. Elle examine également ses rapports avec les autres éléments et avec les conceptions organiques du vivant. Le Feu apparaît alors comme une manifestation de l'Âme du monde, puissance créatrice et principe de métamorphose.
21. L’Inconscient dans tous ses états
L’Inconscient ne se réduit pas à une réalité strictement individuelle ou psychologique. Il se déploie en plusieurs strates, personnelles, familiales, culturelles, historiques et collectives, qui façonnent nos représentations, nos comportements et notre rapport au monde. Les rêves, les symboles, les mythes et les imaginaires permettent d’en approcher certaines dimensions. Cette perspective conduit à interroger les héritages invisibles qui traversent les individus et les sociétés. Elle ouvre également une réflexion sur les processus d’aliénation et de libération intérieure. L’individuation devient alors un processus de connaissance et de transformation de soi, inscrit dans une histoire personnelle comme dans une histoire collective.
Septembre 2026
22. Le marxisme romantique
Ce cours explore un courant du marxisme attentif aux dimensions sensibles, culturelles, historiques et écologiques de l’émancipation. De Marx et Engels à William Morris, Georg Lukács, Henri Lefebvre et Michael Löwy, il examine les critiques du capitalisme qui associent transformation sociale, imagination et aspiration à une autre relation au monde. Il interroge notamment la place de la nature, de l’art, du quotidien et des formes de vie dans la pensée révolutionnaire. Le marxisme romantique apparaît ainsi comme une critique de la modernité capitaliste et une recherche de formes d’émancipation capables de préserver la richesse humaine et écologique.
23.Réenchanter l’Art éducatif avec Rabindranath Tagore et ses expériences indiennes
Poète, philosophe et pédagogue indien, Rabindranath Tagore conçoit l'éducation comme une expérience globale associant connaissance, imagination, sensibilité et liberté. À Santiniketan, puis dans son projet de Visva-Bharati, il développe une pédagogie ouverte sur la Nature, les arts, les cultures populaires et la rencontre des civilisations. La poésie, la musique, les contes, les fêtes et les pratiques collectives deviennent des forces de formation et d'émancipation. Le cours examine cette conception organique de l'éducation, sa critique des modèles scolaires coloniaux et son actualité pour une éducation écologique, interculturelle et attentive aux puissances créatrices de l'être humain.
24. Écrire sa vie à l’ombre de la Nature vivante. Éloge de l’autobiographie environnementale
L'autobiographie environnementale constitue une pratique d'écriture qui associe mémoire personnelle, histoire des lieux et expérience de la Nature vivante. Paysages, saisons, arbres, animaux et milieux de vie participent à la formation d'une existence et deviennent des éléments essentiels du récit de soi. Cette démarche engage un travail d'anamnèse où les souvenirs sensibles, les héritages familiaux et les expériences écologiques retrouvent leur signification. Le cours examine les dimensions littéraires, psychologiques et philosophiques de ce genre, ainsi que ses rapprochements avec l'écopsychologie et l'écoformation. Écrire sa vie devient alors une manière de reconnaître sa relation profonde au vivant.
Octobre 2026
25. Éloge de l'Intellect comme voie royale vers l'Âme du monde
Le vocabulaire dominant entretient depuis plusieurs décennies une confusion entre l’intellect et le « mental », auquel sont attribués les obstacles à la vie intérieure. De Platon à Plotin, des penseurs de l’islam classique aux maîtres de la Renaissance, l’Intellect désigne pourtant une faculté distincte de la raison calculatrice. Là où celle-ci mesure, compare et construit des savoirs conceptuels, l’Intellect reconnaît l’unité, perçoit les correspondances et saisit les analogies créatrices. Les grandes sciences traditionnelles, de l’alchimie à la géométrie symbolique, témoignent de cette connaissance contemplative. Le cours présente l’Intellect comme voie d’accès à l’Âme du monde et de l’ordre cosmique.
26. La science des romantiques, la Naturphilosophie et le vitalisme contre la « science sans conscience » du capitalisme
Souvent réduit à une esthétique du sentiment, le romantisme porte en vérité une critique profonde du capitalisme industriel et de sa transformation du réel. La Nature devient un stock de ressources, tandis que paysages, fleuves, forêts, animaux et êtres humains sont soumis à la quantification et à l’exploitation. En Allemagne, la Naturphilosophie de Schelling, Oken, Carus ou Ritter, ou encore l’observation de Goethe proposent une autre science dans laquelle le vivant y apparaît comme une totalité organique, traversée de métamorphoses, de polarités et de correspondances. Cette séance montre l’influence de cette tradition sur Jung, Bergson, Bachelard, Durand, Hillman, Roszak et l’écologie contemporaine. Elle nourrit la critique de la société marchande.
27. De la crise des sciences à l'éveil des consciences. L'odyssée des nouveaux paradigmes scientifiques
Au XXᵉ siècle, la révolution quantique, la relativité, la thermodynamique, la systémique et les sciences de la complexité bouleversent l’image classique de la science. Le cours suit cette transformation à travers les contributions de Thomas Kuhn, Basarab Nicolescu, David Bohm, Frank David Peat, Fritjof Capra, Michel Cazenave et Seyyed Hossein Nasr. Une attention particulière est accordée au colloque de Cordoue de 1979, consacré au dialogue entre science et conscience. Cette rencontre examine les conditions d’une philosophie rigoureuse des sciences, attentive aux traditions spirituelles et distincte des pseudo-sciences, des séductions ésotériques et des usages approximatifs de la physique quantique et ses conséquences philosophiques majeures.
"Flora", tableau réalisé par la peintre britannique Evelyn De Morgan en 1894 à Florence.
Novembre 2026
28. Hommage au Burkinabé Thomas Sankara, héros anti-impérialiste, écologiste africain, martyr de la cause des peuples
Thomas Sankara incarne une expérience politique singulière dans l’histoire contemporaine africaine. À la tête du Burkina Faso, il associe souveraineté populaire, lutte anti-impérialiste, justice sociale et indépendance économique. Son engagement accorde également une place importante à la protection de l’environnement, à la lutte contre la désertification et à la responsabilisation des communautés. Cette séance revient sur son parcours, ses choix politiques et les transformations qu’il impulse, en examinant les dimensions écologiques de son projet révolutionnaire. Elle interroge enfin la portée actuelle de son héritage et la mémoire d’un dirigeant assassiné, devenu une référence pour les luttes des peuples et leur solidarité.
29. William Morris, un chevalier de la Quête du Graal sur le chemin de la lutte des classes, de l’Art et du Bien commun
Écrivain, artiste, artisan et militant socialiste britannique, William Morris associe la critique de l’industrialisme à une conception exigeante de la beauté et du travail. Son engagement marxiste s’enracine dans une sensibilité romantique qui défend l’art, les métiers, la coopération et la qualité des formes de vie. Nourri par les récits médiévaux et la quête du Graal, son imaginaire rejoint une aspiration au Bien commun et à la transformation sociale. Le cours examine cette pensée singulière, entre lutte des classes, création artistique et idéal libertaire, et présente Morris comme l’une des grandes figures du marxisme romantique au service des libertés collectives.
30. L’Inconscient écologique, clé de voûte de la psyché
La notion d’inconscient écologique désigne la dimension profonde de la psyché où s’inscrivent nos appartenances au monde vivant. Les images de la Nature, les expériences sensibles et les mémoires ancestrales participent à la vie intérieure, souvent à notre insu. À partir de Carl Gustav Jung et de Theodore Roszak, cette séance examine les liens entre inconscient, imaginaire et environnement. Elle interroge les conséquences psychiques de la séparation moderne entre l’être humain et la Nature, ainsi que les possibilités d’une réconciliation. L’écologie apparaît alors comme une question de conscience, de culture et de transformation intérieure, et des relations avec le vivant.
Décembre 2026
31. Et si nous envisagions le drame du peuple palestinien comme une tragédie écosociale de haute intensité ?
La situation du peuple palestinien appelle une lecture qui prenne en compte les dimensions territoriales, sociales et écologiques de la violence. Destruction des habitats, dépossession des terres, atteintes aux ressources, fragmentation des espaces et conditions de vie constituent autant de dimensions de cette tragédie. La conférence mobilise les notions de sociocide, de spaciocide, d’écocide et de génocide pour examiner l’imbrication des violences exercées contre une population et son milieu de vie. Elle propose une approche écosociale attentive aux liens entre territoire, mémoire, souveraineté et existence collective, ainsi qu’aux enjeux de justice, de réparation et de résistance palestinienne.
32. Connaissez-vous la parole écologique de la culture et la spiritualité arabe et islamique ?
Le Coran et les traditions intellectuelles arabes et islamiques proposent des conceptions riches de la Création, de l’équilibre du vivant et de la responsabilité humaine. La Nature y apparaît comme un ensemble de signes qui appellent connaissance, contemplation et respect. Cette séance présente quelques fondements de cette parole écologique à travers les notions de khalifa, d’amana, de mizan et de rahma, ainsi que des héritages philosophiques, mystiques et scientifiques de la civilisation islamique. Elle examine leur portée contemporaine et leur contribution possible à une écologie spirituelle, attentive aux relations entre l’être humain, la Terre et le divin, et la sagesse.
33. Les peuples autochtones ne sont pas seulement des peuples « racines », mais aussi des peuples « troncs », « branches », « canopée »
Les peuples autochtones entretiennent avec leurs territoires des relations où mémoire, culture, spiritualité et subsistance demeurent étroitement liées. La métaphore de l’arbre permet de dépasser leur représentation comme simples peuples « racines », assignés au passé et aux origines. Ils sont aussi troncs, branches et canopées : des sociétés vivantes, porteuses de savoirs, de créations et de devenirs. Le cours examine la richesse de ces connaissances écologiques, leurs formes de transmission et leur contribution aux débats contemporains sur la biodiversité, les communs et la défense des territoires. Il interroge également les rapports de pouvoir qui marginalisent ces peuples et leurs expressions politiques.
Janvier 2027
34. Et si nous mettions l’écologie au cœur du dialogue interreligieux ?
Les traditions religieuses développent des conceptions du vivant, de la Création et de la responsabilité humaine qui peuvent nourrir une réflexion écologique commune. Le cours examine les ressources spirituelles et éthiques de plusieurs religions, ainsi que leurs représentations de la Terre, des éléments et des autres êtres vivants. Il interroge les conditions d’un dialogue interreligieux fondé sur la reconnaissance des différences et la recherche de responsabilités partagées. Cette démarche permet d’aborder les crises écologiques comme des enjeux également culturels et spirituels, et de considérer les communautés croyantes comme des actrices possibles de la préservation du vivant et du bien commun.
35. Imagination, Image et Imaginaire
Ces trois termes désignent trois réalités, dont les fonctions méritent d’être distinguées. L’image recueille et transforme l’expérience sensible ; l’imagination associe, compose et rend présentes des formes absentes ; l’imaginaire constitue le fonds symbolique où prennent sens représentations, mythes et images. Avec la psychologie des profondeurs, notamment Jung et Marie-Louise von Franz, le cours examine leur rôle dans la vie psychique, les rêves, la création et les cultures. L’imagination active devient une faculté de connaissance et de transformation, médiatrice entre intériorité et monde vivant. Elle participe ainsi à la formation de la conscience et à notre rapport au réel.
36. Pour surmonter la désespérance, découvrir la fonction thérapeutique de la Mémoire vivante.
Face à la désespérance, la Mémoire vivante restitue aux individus et aux peuples la profondeur de leur histoire. Elle recueille les expériences, les luttes, les savoirs et les héritages que les récits dominants effacent ou fragmentent. Sa fonction est culturelle et politique, car elle soutient les résistances, nourrit les espérances et rend aux communautés leur capacité d’interpréter le présent. Elle possède une portée thérapeutique, puisqu’elle contribue à réparer les ruptures intérieures, à restaurer des continuités et à reconnaître les ressources héritées. Associée à l’Imagination active et à la Présence, elle devient une force de réappropriation de soi et d’émancipation collective.